Earvin Ngapeth, volleyeur: La volonté d'avancer

«Mondial volley : Ngapeth fait renaitre l’espoir des Bleus/ Ngapeth : la force tranquille et imprevisible/ Ngapeth : la star incontournable »… à son égard, les titres de la presse internationale se veulent laudatifs. Normal, face à lui, difficile de ne pas être admiratif. Lorsqu’on enregistre 166 sélections à 26 ans seulement, il y a de quoi paraitre impressionnant. Si son look capillaire, lui donne souvent un air tête en l’air, il a appris à se concentrer sur ce qu’il a à faire. Il l’a appris avec le temps, lui qui a connu des vertes et des pas mûres. Entre accident de circulation, altercation et condamnation, le volleyeur français d’origine camerounaise est une forte tête. Un caractère qui lui aura permis de tenir le coup, malgré tout.

Après un premier tour au pays à ses 10 ans, il est revenu au Cameroun pour la deuxième fois cette année. Dans sa tête, trottait encore cette expression qu’il avait gardée bien au fond de son subconscient : «Mouf». Une expression, amusante à son goût, qu’aimait lancer son père lorsqu’il était en colère. Un père plutôt inspirant. C’est d’ailleurs lui, qui lui transmet la passion pour ce sport au coeur duquel il apparait comme l’un des plus forts : le volleyball.

Une discipline qu’il pratique depuis 16 ans. Assez suffisant pour lui valoir un surnom «Magic Ngapeth». Tout comme sa chevelure constamment teintée (jaune, blanc, rouge), son ombre de 1,94 fait voir de toutes les couleurs à ses adversaires. Normal alors, qu’à 27 ans seulement, Earvin Ngapeth compte parmi les grands. Parmi les grands du volleyball français. Français oui! S’il est vrai que Ngapeth sonne camerounais, c’est un 12 février 1991 qu’il est né à Saint Raphaël (en France). Ce n’est pas pour autant qu’il perd de vue les valeurs culturelles de son père, luimême ancien volleyeur professionnel. Lors de sa venue au Cameroun, c’est sur le terrain de volleyball du quartier Messa (Yaoundé) où ce dernier a fait ses preuves, qu’Earvin Ngapeth a tenu à rencontrer ses fans.

Une rencontre au cours de laquelle, il n’est pas venu les mains vides. Entre ballons et autres équipements, il a passé un bon moment, selon ses propres confidences. Un bon moment, parce que partager communier, il aime bien cela. Et dire qu’il aurait pu être privé de tout cela.

UNE HISTOIRE FAITE DE DÉBOIRES

Aucune créature humaine n’est parfaite. Ngapeth ne l’est donc pas en fait. Alors que son succès étincellent connaît un réel essor grâce à sa rage de vaincre, ce drame survenu en 2015 aurait pu tout éteindre. Une nuit au volant de son véhicule, il heurte trois personnes à Modène (ville italienne dans laquelle il évoluait en club). Il s’enfuit. Quelques heures après, Ngapeth regrette d’avoir perdu la tête. Sa réaction n’était pas la bonne. Il en est conscient alors, il se rend. Trainé en justice, il en subit le supplice. Cette épreuve l’accable, mais il plaide coupable. Il est condamné à un an de prison avec sursis, écope d’un retrait de son permis et en prime, indemnise ses victimes.

De quoi ternir sa personnalité déjà écornée. A 19 ans, il se fait éjecter en sélection suite à un juron à l’endroit de son coach. Une rixe, dans une discothèque en Italie, aura mis sa réputation à mal après un passage au tribunal. Il y a également eu, entre autres, cette altercation avec ce contrôleur de la Sncf… Bref… à croire qu’il est la personnification de l’expression «au mauvais endroit au mauvais moment».

APRÈS LA PLUIE…

«Le temps est sage, il révèle tout». Chez Earvin, il aura révélé un homme animé par la volonté d’avancer. Quand on lui parle de ces moments sombres de sa vie, c’est avec tristesse qu’il se prononce. Il assume tout et tient à s’excuser avant tout. Aujourd’hui, il a fait le choix de prendre sa vie en main, mieux encore, d’en être le maitre. Ceci passe par une immersion dans l’une de ses passions : la musique, notamment le rap. Ses textes aux relents cathartiques, parlent, entre autres, de pardon et d’amour. Comme quoi, ce jeune père de famille aspire passer à autre chose. Même sur le plan sportif, la bête Ngapeth reprend du poil.

Sociétaire du Kazan, il est dans l’un des meilleurs clubs au monde dans sa discipline. En parlant de discipline, il avoue être surpris de constater qu’il existe ce qu’il qualifie de «faux débat», s’agissant de ces africains qui évoluent et excellent sous des couleurs occidentales. Pour lui, on est qui on est, d’autant plus qu’il est impossible de renier ses origines, son identité, son sang. Il pourrait en parler un peu plus, mais il a eu droit à son lot de tumulte et là, le compte est bon. Tout ce qu’il demande, c’est être un homme meilleur, sans toutefois être parfait. Un homme accepté, malgré ses défauts. Un homme vrai à une époque où paraitre vaut mieux qu’être.


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