Langues: place au patois…

Ah les vacances ! Moment idéal pour effectuer un bon retour aux sources. Le village nous accueille à bras ouverts, et si on apprenait à parler vernaculaire ?... "Djam naah" en Fufulde, "Mbôlô" en Bulu, "Bembe Kiri" en Ewondo, "Bi Cerba nan ?" en Mambila ou encore "Neyi" en Bayangi. Toutes ces expressions sont des salutations en quelques langues maternelles des quatre aires culturelles du Cameroun. Le Cameroun se modernisant, se retrouvant au milieu d’un monde avec d’autres réalités culturelles, perd, peu à peu, cette essence. Si bien qu’il semble important aujourd’hui de remettre l’apprentissage des langues maternelles au goût du jour.

Pour ne pas avoir des générations entières culturellement déracinées, sans âme. Par l’usage quotidien et courant des deux langues officielles, français et anglais, combien d’entre nous savent encore dire le simple Bonjour en leur langue ? De plus en plus, dans certaines familles, il est difficile de rencontrer deux frères discutant en leur patois. On entend plus du français ou encore de l’anglais. La situation est si inquiétante que même les Nations Unies ont institué une journée mondiale des langues maternelles, le 22 février de chaque année. Certes, il existe des programmes d’apprentissage des langues locales dans les établissements scolaires, mais le village reste le cadre le mieux outiller pour s’exercer.

C’est l’occasion de s’accrocher aux grands parents, aux oncles pour réviser sa langue, ou tout au moins acquérir les notions de base, quand on ne les a pas. Là-bas, difficile d’entendre une autre langue. En tout cas pour les villages ultraconservateurs. Tout se dit en patois. De la même manière qu’on révise les cours à l’école en français et en anglais, on peut également se donner cet effort pour parler son dialecte. Ne dit-on pas que «les secrets se disent en langue en public»? Il ne faut pas qu’on vous capte ! Alors, à vos dialectes…


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