CHARLES LEMBE, L’AFRICAIN INTERNATIONAL…

En France, sa carrière débute véritablement avec la sortie de son disque « Echo du Cameroun » en 1960. C’est le résultat d’une rencontre en 1959 avec Jean- François Quievreux, un producteur. A ce moment-là, la maison de disques Vogue cherche de jeunes artistes amateurs afin de réaliser un catalogue d’artistes africains de l’indépendance. Il sera le premier à être contacté et enregistré. Et là, le producteur a une idée de génie : il n’est pas connu en France. Donc il n’arrivera pas à vendre son disque. Celui-ci est donc envoyé en Algérie, où des soldats africains sont stationnés.

« J’ai vendu 5000 disques. Ma carrière a été lancée comme ça, grâce aux soldats africains. C’est pour cela que je suis très Africain, parce que ce ne sont pas les Camerounais qui m’ont donné la célébrité, ce sont les Africains, de l’Ouest en majorité », se rappelle Charles Lembe. Entre temps, il va jouer dans des cabarets, intégrer des groupes, ouvrir un nightclub, La Plantation à la rue Montpensier à Paris, avec des amis, suivre des cours de musique avec les pourboires qu’il obtenait, suivre des cours de cinéma  aussi. Créer sa propre maison de production. Et puis en 1973, vient le fameux «Voices of Africa». Un disque fondateur dans sa carrière, dans lequel on retrouve «Mot’a Benama». Il sortira bien d’autres albums, mais «Voices of Africa» va l’installer pour de bon dans la mémoire collective.

LES AUTRES CHARLES LEMBE…

En plus du musicien Charles, on a le cinéaste M. Lembe qui a même pris des cours, comme on l’a dit plus haut. En plus de faire des musiques de films, il écrit des scénarios, coproduit un long métrage en 1986, « Pourquoi les blancs font la polygamie ». Et il travaille d’ailleurs sur un projet en ce moment : « Machination sous les tropiques ». Vous en saurez plus, plus tard ! Et Charles Lembe, ce n’est pas seulement une vie professionnelle. C’est aussi un père et un grand père attentionné pour ses trois filles, Suzanne, Mina et Victoria, et ses petits-enfants. Dans notre conversation avec lui, on découvre plus qu’un artiste.

On échange avec un homme de culture, qui reste au courant de l’actualité, peu importe le domaine. On retient entre autres qu’il est déçu de ce qu’est devenue la musique de son pays aujourd’hui. Est-ce qu’après une vie aussi chargée, cette bibliothèque vivante a un souvenir qui l’a marqué plus que les autres : «Tous les souvenirs sont bons parce qu’il ne faut rien négliger. Chaque étape a sa valeur.» Son souhait pour son pays : «le renouveau culturel du Cameroun me tient à coeur. Puisse-t-il en être ainsi.» C’est sa prière !


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