Au nom de l’amour

Le travail est la devise de Fru Shura Tatiana. Depuis quelques mois, son single «Allez dire» tourne presque en boucle sur certaines chaînes de télévision musicales. Un hymne à l’amour qu’elle clame. Un amour sans rides sociales, sans aprioris. Mais pour la jeune femme, originaire de la région du Nord-Ouest, cette percée dans les hitparades n’est pas le fruit du hasard. Il lui a fallu du temps, de la détermination et surtout s’entourer des meilleurs de la musique urbaine pour en arriver là. Votre mag’ est allé sur les traces de Shura, une jeune femme qui a la tête…bien sur les épaules.

Dans notre contexte contemporain, il semble impensable de s’engager avec un homme sans revenus. L’époque du vivre d’amour et d’eau fraîche est bien révolue. Mais pour la jeune chanteuse au teint ébène et aux formes vertigineuses, le concept reste d’actualité. «Oui, c’est vrai qu’il est foiré…mais un jour, il va percer…c’est lui que j’ai choisi…me and my baby go drink our garri». Voilà son crédo, ou bien… le refrain de son titre à succès «Allez dire». Un titre évoquant un amour fort, qui transcende les obstacles, la galère et les normes convenues. Le clip vidéo met parfaitement en scène cette histoire à l’eau de rose.

La jeune Shura assume totalement son choix et envoie balader les gens qui ont toujours à redire sur la vie de couple des autres. Bien que tout le monde considère son petit-ami comme un homme ordinaire, un gigolo, elle n’en a cure et s’affiche fièrement à son bras dans les rues de Limbe et sur les réseaux sociaux, d’où les nombreux selfies pris en couple. Cet homme répond-il aux exigences de la belle Shura ? «Pour moi, l’homme idéal est celui qui a un teint noir, grand, gentil, attentionné, compréhensif et romantique», nous a confié cette mère célibataire.

SUR UNE BONNE LANCÉE

Les critiques, pour l’instant, sont positives sur la toile. On peut lire : «il faut dire que le titre a tout pour être un hit. Une mélodie entêtante, des paroles qui malaxent les langues, fusionnant l’anglais et le français, une produ ction de qualité et un joli clip !» Et même le public a bien accueilli ce nouveau «bébé». Deux mois après sa sortie, il avait totalisé plus de 227 000 vues sur YouTube. Une petite fierté pour la chanteuse. «Pour le moment, «Allez dire» est ma meilleure performance depuis le début de ma carrière. C’est par cette chanson que beaucoup de gens ont découvert mes autres titres».

Côté look, elle n’a pas de complexes. Avec ses coiffures d’inspiration ancestrale, Shura ne passe pas inaperçue. Une façon pour l’amatrice du «Achu» [un mets traditionnel du Nord-Ouest Cameroun, Ndlr] de rendre hommage à la femme africaine qu’elle est. «Je mets en avant le respect et l’estime de soi en tant qu’Africaine», nous dira-t-elle. La jeune femme en est à son quatrième single. Elle fait ses premiers pas sur la scène musicale camerounaise en fin 2016, en intégrant le label Stevens Music Entrertainment qui produit également Daphne.

En 2017, elle sort plusieurs singles. «Te Be Kwih» qui veut dire «Nous grandirons », est une source d’inspiration, une piste d’espoir qui encourage le travail acharné comme un moyen d’aller de l’avant. Puis vient «Gweme Bo Za» (tiens ma main). Une confession émouvante. Une conversation entre une mère et son enfant. Cette dernière encourage sa progéniture à toujours compter sur sa mère qui lui tendra toujours la main. Vient enfin «Atalakou» qui parle d’amour. Dans ce titre, la chanteuse demande à son amant de ne plus jouer avec son coeur. L’année 2017 sera pour elle un tournant dans sa jeune carrière où elle se fera connaître du public. En effet, elle va participer au Fomaric à Douala et accompagner les X-Maleya lors de leur Campus Tour.

Au début de l’année 2018, elle mettra sur le marché son quatrième single. Le titre «Allez dire» où elle demande aux jeunes de croire en l’amour, dans une société où les relations sont fondées sur le matériel. Quatre singles qui annoncent la sortie prochaine d’un album. Elle surfe sur de nombreux genres dont le RnB, l’Afrobeat, la Pop, la Soul, le Reggae et surtout le Mbaghulum des Grassfields de sa région d’origine, le Nord-Ouest. «J’aime la bonne musique.

Et cela m’encourage à travailler dans ce domaine parce que je pense que j’ai quelque chose à offrir au public. La musique m’a emmenée où je suis et j’ai eu l’opportunité d’être sur scène avec de grands noms de l’industrie musicale. C’est la musique qui me nourrit», explique-t-elle. Mais en dehors de cette activité, elle a d’autres loisirs comme la natation, l’écriture, la lecture, le dessin et elle adore aller en aventure, pour revenir dans son cocon à Buea, où elle vit.

AU COMMENCEMENT…

Fru Shura Tatiana vient d’un petit village dans le Nord-Ouest appelé Akum. Elle est née à Yaoundé au milieu de quatre frères et soeurs. Elle grandit dans un environnement où l’amour dans la fratrie et le sens du partage sont présents. Ses études, elle les fera à Yaoundé. Le cycle primaire à Mballa 4 au quartier Manguiers, le secondaire au Lycée bilingue d’Essos et le cycle universitaire à l’Université de Yaoundé II à Soa. Malgré ses études, la jeune fille se met à la musique. «Enfant, mon rêve était de devenir une star et de chanter sur les plus grandes scènes du monde.

J’ai commencé par chanter à la chorale et mes amis m’ont dit que j’avais une belle voix. Mais ce qui m’a vraiment motivée est qu’on m’a appris que ma mère était aussi une bonne chanteuse. J’ai voulu, à travers mon rêve réaliser le sien», confie-t-elle sur son engagement dans la musique. Sa carrière musicale, elle la veut durable et elle se donne les moyens pour y arriver. En travaillant très dur.

BIO EXPRESS

Etat civil

Date et lieu de naissance : 18 janvier 1989 à Yaoundé

Situation matrimoniale : célibataire, un enfant

ParcourS Scolaire : école primaire à Mballa IV, secondaire au lycée bilingue d’Essos et universitaire à Yaoundé II-Soa

Carrière musicale :

2016 : intègre le label Stevens Music Entertainment

2017: sortie des singles «Te be Kwih», «Gweme Bo Za», «Atalakou»

2018: sortie du single «Allez dire»


Autres articles que vous aimerez lire...

  • par Myriam DJEKI / Portrait
    Sep 12

    Le texte au bout des doigts

    «On ne vous a pas laissés» fait désormais partie du vocabulaire des mélomanes. Ce titre a imposé le jeune chanteur dans le gotha de la musique urbain...

  • par Roger Owona / Tempo
    Sep 11

    Un enfant=un enfant…

    Les écoute-t-on assez ? Les entend-on suffisamment ? Leur accorde-t-on la place qu’ils méritent ? Qu’ils mériteraient ? Leur parole ren...

  • par DIDDI AISSATOU / Woman
    Sep 10

    Deux filles dans le vent

    L’année 2018 sourit aux deux jeunes femmes. Lancement de la saison 2 de leur web série, signature d’un contrat avec une chaîne panafricaine… que de bo...


Commentaires

Laisser un commentaire

Besoin d'aide ? Contactez-nous
Abonnez-vous