Ashley Stéphanie, chanteuse internationale

Une allure de Janet Jackson. Des courbes généreuses. Une toilette soignée, la «Bayangui» rejoint l’équipe de Nyanga à la piscine d’un hôtel quatre étoiles de Yaoundé. Elégante dans sa longue robe strassée or, elle est souriante en cet après-midi ensoleillé. Citoyenne du monde, elle revient au Cameroun après plus de 20 ans. La seule Noire, chanteuse principale du “Girl Band” international les «Spanish Girls», l’auteure de quatre albums d’afro-pop et de R&B, née un 2 novembre 1981, s’est engagée à apporter sa pierre à la construction du showbiz camerounais. En exclusivité, elle parle de sa vie après les «Spanish Girls» et son rêve pour le Vert-Rouge-Jaune.

Mon challenge : mettre en lumière les talents

Tu signes ton “come back” au Cameroun après une longue période d’absence. il faut dire que tu étais à côté, au nigéria. pourquoi reviens-tu ?

(Elle souffle)Ça fait plusieurs années que je voulais revenir avec un projet prestigieux. Mon rêve est de faire de mon pays une plaque tournante du showbiz en Afrique. Donc, je reviens avec le projet de mettre sur pied une fondation. C’est quelque chose d’important pour moi. Je pense que c’est le moment d’agir, d’élever notre culture. La musique africaine est en train de séduire le monde. Lorsque je parcours le monde, invitée dans des événements prestigieux avec Red Carpet, je rêve aussi d’entendre le nom de mon pays parmi les pays africains que l’on cite à ces “big events”. Si j’y suis toute seule, ce n’est pas suffisant. Je voudrais que cette lumière rejaillisse sur mon pays, sur sa culture. J’apporte une nouvelle dynamique.

Que mets-tu exactement dans «nouvelle dynamique» ?

(Excitée). Une touche toute Kamer de voir le spectacle, de faire le show. Ici, les artistes font beaucoup de playback. Il manque la gestion de la scène, de l’espace. On est en un peu en panne d’inspiration sur la création des spectacles. Je voudrais apporter ma contribution dans ce domaine-là. Dans les Spanish Girl, j’ai beaucoup appris. J’ai vu comment on monte un spectacle. Il nous faut une vision pour construire la noto - riété de notre culture. Je voudrais amener des confrères internationaux ici, pour un échange d’expériences avec mes confrères locaux. Cela permettrait d’attirer le regard des médias internationaux sur nos performances locales.

Certains te disent philanthropique. apparemment, ils ne se trompent pas…

(Elle roule les yeux) Je suis une rêveuse. En même temps, cela part de l’éducation reçue de mes parents. Ils avaient l’habitude de me dire : «tant qu’il y a pour un, il y a pour deux». Depuis des années, je réalise de grandes choses sans trop faire de publicité. Cette fois, je pense qu’il est temps de s’associer aux autres, de former une bonne équipe pour réaliser les rêves de jeunes camerounais talentueux.

En parcourant ta bio, une information nous a intriguée. il est écrit que tu es un fruit sentimental camerouno-nigérian…

(Elle agite les bras) Non, non, non ! Je suis Camerounaise 100%. Ma mère et mon père sont Camerounais. Les gens ont peut-être fait une confusion, parce que j’ai travaillé avec un célèbre label nigérian, le même qui produit Wizkid. Je suis originaire du Sud-Ouest.

Néanmoins, tu as résidé plusieurs années au nigéria. as-tu rencontré des difficultés d’intégration pendant ton séjour?

(Elle réfléchit) L’Afrique est une. Là-bas, je ne me suis pas sentie en terre étrangère. Mais rien ne vaut ma terre chérie. Les Nigérians sont professionnellement ouverts. Ils vous donnent l’opportunité d’émerger quand vous avez du potentiel. Toutefois, lorsque votre ascension menace leur honneur, ils vous le font sentir…

Selon toi, que manquerait-il aux Camerounais pour se déployer véritablement?

(Excitée) Quand on cessera de vouloir écraser les autres ; quand on parlera d’une même voix ; quand certains cesseront de chercher à nuire à ceux qui veulent apporter la lumière dans notre pays, alors nous pourrons tutoyer certaines cimes. Le Camerounais est pourtant quelqu’un de gentil, de talentueux. Il faut seulement qu’à ces qualités qu’il a joute le patriotisme, la solidarité. A mon avis, nous ne devons pas attendre que le gouvernement fasse tout. Chaque Camerounais est une force de proposition. Chacun à son niveau peut participer au développ - ement du pays. Le Cameroun est un bon pays. Nous ne devons pas mettre nos frères ou nos soeurs à terre.

Ashley, on va aborder ta vie privée. peux-tu nous parler de la plus grande peine de ta vie ?

(Elle baisse le regard) Le décès de mon père en 2011. Il était mon premier fan. Il m’accompagnait vraiment dans ma carrière. Il s’impliquait dans ma team, s’assurait que tout était parfait. (Elle écrase une larme)… Mon père était un type bien. J’ai cinq soeurs et trois frères. Ils me soutiennent. Mais la mort de mon père a laissé un grand vide dans ma vie. es-tu une star capricieuse ?

As-tu fait des folies comme acheter une robe à 80 000 dollars ?

(Elle rit) Des folies ? J’en fais très souvent. Peut-être parce que je suis une perfectionniste. C’est aussi un peu l’école des Spanish Girls. Pour mes spectacles, je dépense parfois tout le cachet dans les lumières, les costumes des danseurs, ma coiffure, mes tenues, etc. Parfois, je dépense d’énormes sommes d’argent pour l’hébergement et le transport de mes danseurs. Souvent, mon manager me demande si je suis normale, par exemple, quand j’exige qu’ils voyagent dans la même classe que moi. En fait, j’aime que les choses soient bien faites.

Nous avons appris que tu étais une grande «shoppeuse». ton dressing, c’est carrément une chambre à part…

(Rires) Oh mon Dieu ! C’est fou. J’ai un grand dressing, oui… J’achète souvent sans me rendre compte que j’ai trop acheté (Rires). Je ne peux pas compter tout ce qu’il y a dans mon dressing.

Le profil de ton prince charmant…

(Hum) Un homme avec un bon coeur. Un gentelman qui me fait rire tout le temps. Un homme sans complexe qui croit en Dieu, comprend mon métier, me soutient et m’accompagne.

 Ashley en couple ?

Pas vraiment. Les questions amoureuses sont mises en berne. Je me consacre d’abord à mes projets et à ma carrière. J’ai connu des déceptions amoureuses comme tout le monde. Mais, après, il faut se relever et avancer.

Avec des doigts autant soignés, t’arrive- t-il de faire la cuisine ?

(Eclat de rire) Mais bien sûr, je fais la cuisine ! Là aussi, je suis perfectionniste. Les chefs qui travaillent chez moi le savent. Quand ce n’est pas bien fait, je corrige moi-même. J’adore le «eru», le «corn tchap». Ma mère me cuisine ces plats à chaque fois que je viens au pays.

Les valeurs que tu défends…

La loyauté, la probité, l’intégrité, le culte de l’effort, le patriotisme.

MON REVE EST DE FAIRE DE MON PAYS UNE PLAQUE TOURNANTE DU SHOWBIZ EN AFRIQUE…JE PENSE QUE C’EST LE MOMENT D’AGIR, D’ELEVER NOTRE CULTURE. LA MUSIQUE AFRICAINE EST EN TRAIN DE SEDUIRE LE MONDE.


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