Joseph Kadji Defosso, le maire de la commune de Bana, membre titulaire du Comité central du Rdpc et homme d’affaires prospère, a été inhumé à Bana, son village natal. C’était le samedi 15 septembre 2018, en présence du président du sénat, Marcel Niat Njifendji, représentant personnel du chef de l’Etat, Paul Biya.

Tous s’accordent sur un fait : Joseph Kadji Defosso laisse une riche oeuvre qui inclut business, famille et patriotisme. Une diversité affirmée par un homme qui a dû se battre jusqu’au bout, pour constituer son empire et construire sa légende. D’où cette phrase marquée sur l’un des hommages: «un très grand homme de poigne, de caractère s’en est allé». Le chef de l’Etat a décrété, pour honorer son rang, des obsèques officielles qui se sont déroulées du mercredi 12 au samedi 15 septembre 2018. La deuxième personnalité du pays, le président du sénat Marcel Niat Njifenji, représentait le chef de l’Etat, Paul Biya, lors de cette cérémonie.

Auréolé de mérites divers, ce dernier a eu droit à une dernière récompense. Au nom du chef de l’Etat, le gouverneur de la région de l’Ouest, Augustine Awa Fonka a élevé le défunt, Joseph Kadji Defosso, à la dignité de Grand cordon de l’ordre national du Mérite camerounais à titre posthume. Marcel Niat Njifendji, représentant personnel du chef de l’Etat, ce samedi 15 septembre 2018 en la Résidence de Joseph Kadji Defosso, Fu’a Toula, de son titre de notabilité au sein de la chefferie Bana, dépose la gerbe du couple présidentiel auprès du défunt qui pour la circonstance, est bien revêtu du drapeau national, avant de s’incliner devant la dépouille. Le programme appelle l’office religieux suivi des témoignages et des interventions.

Le célébrant, Mgr Abra - ham Komé, évêque du Diocèse de Bafang va puiser son inspiration dans la parabole des talents, pour présenter la hargne qu’avait l’illustre disparu, à multiplier les talents à lui confiés par le Seigneur. Dans le message de condoléances du président de la République et de madame Chantal Biya (lu par le préfet Mamoudou du Haut-Nkam), Paul Biya dit avoir «bien connu Joseph Kadji Defosso. Un homme plein d’ambition et doté d’une intuition rare pour les affaires. Il aura travaillé sans relâche pour la réussite de ses projets ». Un patriote qui avait toujours le souci de contribuer au bienêtre de son pays, de sa communauté. Selon le chef de l’Etat, avec sa disparition, «l’Ouest perd un fils prodige, le Rdpc un militant de poids, et le Cameroun, l’un de ses capitaines d’industries». 

HOMMAGES

Outre le message du chef de l’Etat, il y aura celui du pape François, qui reconnait la piété de l’homme, sa foi et son engagement acharné pour Dieu et pour son prochain. Il avait une ouverture théologique poussée. L’illustration palpable avec en outre, la bien nommée paroisse saint Joseph, une grande église construite par le regretté Joseph Kadji, à l’entrée de sa résidence à Bana. Ce défunt membre titulaire du comité central du Rdpc, selon le ministre Jacques Fame Ndongo, chef de la délégation du Comité central du Rdpc, est un homme charismatique qui a valorisé la politique tel qu’on l’aime au Rdpc. Il se caractérisait par, « le parler vrai sans démagogies ni chimères, le dialogue constructif, le progrès collectif, la démocratie apaisée, l’union des coeurs et des esprits, l’inclusion et non l’exclusion, l’addition et la multiplication et non la division et la soustraction ».

Partout, il privilégiait le rassemblement et s’empres - sait d’encourager les braves et de voler au secours des nécessiteux. Georges Elanga Obam, le ministre de la Décen - tralisation et du Développement local, retient de l’ancien maire de Bana, l’image d’un « ouvrier inlassable du développement local, d’une élite au service du développement ». Il a investi d’énormes sommes de ses poches, pour contribuer à l’essor socioéconomique de son Bana natal. Trône encore avec fierté, ce joyau architectural qu’est l’hôtel de ville de Bana, construit sous fonds propres par le défunt maire, et rétrocédé en 2007 à l’Etat. 

OPÉRATEUR ÉCONOMIQUE FULGURANT

Le patriarche Kadji Defosso était, en permanence, animé par la volonté de travailler. Une hargne devant permettre à ce self-made-man, d’assoir une réussite éco - no mique qu’il a savamment consti tuée par la seule force de ses bras. Pascal Monkam, son compagnon de toujours, au village et dans le monde des affaires retrace sa trajectoire et émet le voeu que sa riche progéniture, perpétue son ouvre. « Grand bâtisseur, pionnier parmi les pionniers de l’économie, de l’industrie camerounaise » comme le dit à son endroit Célestin Tawamba, le président du Groupe ment inter-patronal du Cameroun, l’homme d’affaires Kadji Defosso, s’est armé de foi et de courage pour bâtir son empire.

« Le patron », « le père », comme il est communément appelé, quitte son Bana natal, à la fleur de ses 17 ans, pour aller à la conquête de son destin. Au départ, il se dirige vers Douala, pour y rejoindre sa soeur. Ce, juste après avoir à 15 ans, construit la case maternelle. Douala deviendra la ville de sa success-story. Après s’être forgé comme commerçant- employé chez «les blancs», il se met à son propre compte. Le jeune commerçant va d’une boutique, s’imposer progressivement comme un spécialiste de l’import-export, et puis de l’industrie. Ses collaborateurs redoutent son exigence, scrutent ses encouragements. Ses adversaires redoutent son intransigeance, et sa détermination à toute épreuve. Un caractère bien trempé, qu’il utilise même en famille. Ses enfants, ses petits-enfants, toute sa grande famille doit sous le contrôle rigoureux du « vieux », se perfectionner à l’école, « et revenir mettre son savoir-faire au sein des entreprises familiales », affirme Tidiane Diallo Kadji, petit fils du défunt.

Dans ses entreprises qui excellent dans des domaines variés tel que l’industrie, l’ingénierie, les assurances, le commerce, le négoce et bien d’autres, on retrouve à divers niveaux de responsabilités, les enfants de la famille. Il n’était pour autant pas replié sur sa communauté. S’il est devenu industriel, c’était par soif du patriotisme, pour montrer que les camerounais sont aussi capables de grandes réalisations. Sa priorité a été de donner en permanence des emplois aux Camerounais, d’offrir des aides sociales à ceux qui en avaient besoin, partout au Cameroun. L’important parterre de personnalités composées des hommes politiques, du monde des affaires, traditionnelles et religieuses, ainsi qu’un nombre incalculable des «noname », démontrait cette ouverture de ce natif de Bana en 1923.