Venu tout droit du Maghreb, le henné est rentré au fil du temps dans les habitudes des populations du Sahel. En dehors de son aspect esthétique, il joue aussi un grand rôle sur le plan sanitaire.

Au coeur de grandes célébrations comme les mariages, les baptêmes, et les fêtes religieuses… les femmes musulmanes aiment à se faire de jolies dessins sur le corps. Sur les futures mariées, au milieu des courbes, des fleurs, et des formes géométriques, la dessinatrice rajoute des coeurs et les initiales du promis. Les hommes mettent aussi du henné lors des mariages, qu’on applique sur les paumes des mains. Au quotidien, les femmes aiment à se teindre les mains et les pieds avec cette poudre mélangée à de l’eau. Pour beaucoup de musulmanes, cela répond à une prescription divine.

En effet, le Prophète Mohamed est rentré chez une femme mariée et lui a dit : «Teints tes mains avec le henné, car si l’une de vous délaisse la teinture avec le henné, ses mains deviendront comme celles des hommes». Le henné remplit de nombreuses fonctions. Il est réputé embellir la peau par coloration tout en l’adoucissant. Lorsqu’on fait un hammam par exemple, il est mélangé au savon noir pour le répartir sur l’ensemble de la peau avant le rituel du gommage. Par ailleurs, il permet de purifier, de nettoyer la peau et facilite même la cicatrisation.

Le henné est très bénéfique pour la chevelure. Appliqué sur les cheveux, il les teint ou apporte des nuances et est réputé anti pelliculaire et aide à lutter contre les poux. Les Maghrébins et ceux du Proche Orient aiment à avoir un plant de henné dans la cour. Car, cette dernière possède des fleurs qui diffusent une odeur agréable dans la maison. Le henné est cultivé au Maghreb depuis longtemps, ainsi que dans une grande partie de l'Afrique tropicale (Kawar et Tchad). Apporté par les Égyptiens bien avant l'arrivée des Arabes qui l'ont ensuite répandu en Afrique subsaharienne, en Mauritanie jusqu’au Mali et en Espagne andalouse. Plusieurs indices laissent penser que le henné a depuis longtemps un usage cosmétique et/ou médicinal.

Les Égyptiens coloraient de henné les ongles, les pieds, les mains et les cheveux de leurs momies il y a plus de 5 000 ans. Des textes datant de plus de 2 500 ans le citent comme cosmétique. La légende syrienne de Baal et Anath (écrite vers 2 100 avant Jésus-Christ) évoque le henné sur les mains de la femme lors du rite du mariage. Les Vietnamiennes se laquaient les dents en noir avec un produit noircissant contenant notamment du henné et dans l'Assyrie antique (Mésopotamie), les paumes et ongles des futures mariées étaient décorés de dessins faits au henné.

On distingue plusieurs types de henné. Au Cameroun, on utilise davantage le rouge qu’on applique sur les mains, et les pieds. On a ensuite le noir qui est en réalité de l’encre fait avec des produits chimiques. Certaines dessinatrices les mélangent avec du henné finement tamisé pour qu’il dure davantage. Si vous avez une peau délicate et sensible, il vaut mieux éviter.