Le site, qui se trouve dans la vieille ville, attire des millions de visiteurs chaque année. 

Le monde est ici. Africains, Occi - dentaux, Asiatiques… Ils viennent de tous les coins de la planète pour se retrouver sur la Place Sultan Ahmet à Istanbul, du côté de la Vieille Ville. En ce jour ensoleillé de mai 2018, les voies pavées du site grouillent de visiteurs de tous âges, maniaques du selfie. C’est qu’il y a de beaux monuments ici : obélisques, héritage architectural de l’Egypte antique, mosquées aux dômes ouvragés, jets d’eau, carrés d’espaces verts qui en rajoutent à la magie du décor, etc. Par grappes, des touristes suivent des guides. Parce qu’il y a un itinéraire précis à suivre.

Les merveilles de la Place se découvrent l’une après l’autre. D’abord, cet ancien hippodrome, datant de la Rome antique. Ici, assure Gunay, guide qui chaperonne des journalistes invités par Turkish Airlines, de passionnantes courses de chevaux étaient organisées, et ce jusqu’à l’époque byzantine. Elles n’ont pris fin que vers 1453, quand les Ottomans sont arrivés. L’hippodrome abritait aussi des combats de gladiateurs, devant une foule pouvant atteindre les 90 mille spectateurs, soit pratiquement le public du Camp Nou à Barcelone. Sur le même site se déroulaient des affrontements électoraux, poursuit Gunay. Ensuite, la Mosquée Bleue. Avec dévotion, certains visiteurs s’agenouillent et du coin. semblent méditer un moment. Les visages sont tournés vers le haut, à contempler d’impressionnants enchevêtrements architecturaux, à admirer la beauté des motifs, l’harmonie des couleurs, la profondeur des perspectives.

L’homme se sent petit dans ce lieu… Tout aussi émouvant est le tour au sein de la Hagia Sophia d’Istanbul. Le joyau architectural fut une église, puis une mosquée, avant d’être aujourd’hui un musée où des symboles des deux grandes religions mondiales cohabitent. Là, dit le guide en indiquant un espace rectangulaire, on couronnait les souverains. Là-haut, des Séraphins et des Chérubins, entités au sommet de la hiérarchie angélique, sont représentés. Ailleurs, c’est le Christ, à qui un souverain demande, à genoux, pardon pour ses péchés, ou alors des noms de compagnons du prophète Mahomet.

Au sortir de ce parcours, le visiteur peut se laisser tenter par du maïs grillé ou d’autres amuse-gueule… Il verra alors qu’à l’entrée, d’autres se pressent dans la file d’attente, ticket d’entrée en main, pour aller aussi à la découverte. En 2014- 2015, la place a attiré plus de 30 millions de touristes, assure Gunay. En raison de troubles politiques, le chiffre a chuté. Pour fin 2018, les projections tablent sur 10 à 15 millions de visiteurs…