Depuis avril 2018, elle est revenue au pays. Après 13 ans passés en France. Beaucoup d’encre et de salive ont coulé pour expliquer son retour. Les infos, plus des fake news, ont emballé la toile. «Elle est venue payer ses dettes», « elle est atteinte de cancer, elle est venue attendre sa mort au pays»… Même cette interview accordée à Ernest Obama dans l’émission «Décryptage» sur Vision 4 n’y aura rien fait. Au contraire, les commentaires sont allés bon train. Des espions sont même passés par là, pour découvrir le fond de ce retour au pays natal. Qu’en est-il exactement ? Nadine Patricia Mengue s’est confiée en exclusivité à Nyanga sur le sujet et sur d’autres détails de sa vie privée.

Pas facile de lui mettre la main dessus. Plusieurs rendez- vous pris. Plusieurs rendez- vous avortés à la dernière minute. «Elle est très occupée», nous signale une connaissance. Ce lundi 9 juillet 2018, nous devons la retrouver dans les jardins du seul cinq étoiles de Yaoundé. Il est 14h passées de quelques minutes. Au bord de la piscine où nous avons convenu de conclure l’interview, Nadine n’y est pas. Peut-être qu’elle est au restaurant, pense-ton alors. Mais non, elle a filé. Encore ! «J’ai dû partir. Un rendez-vous urgent ailleurs. On se reprend toute à l’heure. Merci de ta compréhension», nous laisse-t-elle comme message. Sauf que ce jour-là, les rendez-vous s’enchaineront et, une fois de plus, on devra remettre à plus tard notre entretien.

Finalement, jeudi 12 juillet, c’est à son bureau, d’une déco sobre, à Vision4, que nous la réaliserons. Elle a toujours le même sourire. Ses yeux sont autant pétillants qu’avant. Elle a toujours cet humour taquin… Rien n’a vraiment changé. Oh si ! Elle a pris des kilos quand même, Nadine. Elle n’est plus la jeune animatrice frêle des années 90-2000. Dans un style casual en bichromie noir et corail, elle nous accueille avec un large sourire. «J’ai repris les couleurs locales. Vert- Rouge-Jaune», avoue-t-elle, toujours souriante, après les civilités d’usage. A brûle point, nous lui demanderons de donner la version authentique de son retour au pays. «Qu’est-ce qui te motive à revenir après ta brillante carrière sur la place médiatique parisienne ?» «C’est Amougou Belinga», lâche-t-elle dans un grand éclat de rire.

Quels mots a-t-il utilisés pour te convaincre ? «Il m’a dit : «viens !» Je l’ai regardé, j’ai dit : «oui, je viens»», ajoutet- elle avec le même éclat de rire. Plus sérieusement ? «C’est un homme sincère qui sait ce qu’il veut. J’imagine que se lancer dans une telle affaire, avoir un groupe aussi grand signifie que derrière, il y a un homme intelli - gent, qui maîtrise la chose et qui a le sens de la communication. Je crois qu’il avait toutes les armes pour me faire participer à cette bataille. J’espère que nous y arriverons», avouet- elle. Le chèque est peut-être aussi conséquent, non ?! Elle répond par un éclat de rire. On a compris.

UNE NOUVELLE VIE

Pour ceux qui l’ont côtoyée, Nadine est une «fonceuse». «Baroudeuse», nous confiera sa collègue Louise. D’ailleurs sur son retour, l’ancienne présentatrice de «Tam-Tam week-end» et «Tubes Vision» sur la Crtv complète : «Je ne me suis vraiment pas posée la question de savoir si je retrouverai ma place, s’il y a une nouvelle génération. Je suis de signe astral Taureau. Alors, dès qu’il y a le rouge dans ma tête-là, je fonce. (Rires). Mais, non, j’ai l’habitude de fonctionner comme ça, dès que j’ai une idée en tête. Je ne réfléchis pas trop. Et pour moi, c’était un petit coup de foudre que j’ai eu de travailler sur un média au Cameroun après 13-15 ans… ça me vieillit».

Au placard donc tous les repères, les automatismes, sa notoriété acquise dans le milieu de la diaspora Black à Paris. «C’est vrai que j’avais déjà pratiquement tout ce que je cherchais. Travailler dans les milieux de la diaspora, être au milieu des Noirs des autres communautés et de la communauté française. Ça manque. Mais, on est plus à l’aise au pays. On a le temps de sourire, de prendre une pause, d’être moins stressée. C’est un renouvellement. C’est ainsi que je vois cette étape de ma vie», soutient celle qui a tenu la matinale «Tantine’s Matin» de la tv panafricaine 3ATelesud. Depuis le 2 avril dernier, elle est présente sur le petit écran camerounais.

Avec son programme quotidien «On ne mâche pas les mots», elle refait l’actu culturelle avec des animateurs radios et des personnalités influentes du monde des médias et de l’art au Cameroun. Le feedback est positif. La mère de trois garçons savoure son bonheur d’avoir retrouvé ses racines. Sa vie privée a repris des couleurs elle aussi. Malgré un passé sentimental douloureux, Nadine Patricia avoue avoir de nouveau rouvert son coeur. «Je suis mariée. Je suis maman de trois garçons. Le petit dernier a deux ans», confie celle qui raffole de la cuisine Kamer. La vie, elle la voit belle.

Des projets de production trottent encore dans sa tête. Mais, elle a un défaut de ne rien prévoir. «Je n’avais jamais pensé bosser sur place ici. Je comptais bosser pour le pays étant là-bas et faire des allers-retours. J’ai pris deux semaines de réflexion, pour me décider. Pour l’instant, je suis bien là où je suis. En essayant de faire au mieux. La famille s’est déplacée aussi. Donc toutes les conditions sont réunies». Elle est donc bel et bien là. Et ne compte pas repartir d’aussitôt.