Lorsque l’équipe de NYANGA débarque, cet aprèsmidi du 7 avril 2018, dans une rue de Bonanjo, ils voient de loin, au bas d’un immeuble, un vieux monsieur en culotte, chemisette hawaïenne, lunettes et une canne. C’est CHARLES LEMBE ! D’emblée, l’homme de 79 ans apprécie la ponctualité de ses interlocuteurs. Lui, il est dans les choses bien faites. Pas seulement musicalement. C’est sa ligne de vie. vécu entre la maison paternelle au Camp Yabassi et sa famille maternelle à Bonamoudourou – Deido, quitte le pays. On l’inscrit au lycée en France. Il va connaitre des difficultés financières qui le poussent à jouer dans des restaurants pour se faire un peu d’argent. Effectivement, jouer ! Parce qu’il faut rappeler que Charles Lembe, cousin de Manu Dibango avec qui il a d’ailleurs collaboré, a commencé à se plonger dans le monde musical au Cameroun.

Le jeune homme, né à Yabassi un 5 décembre 1938, jouait déjà un peu de guitare. Il a même été chef d’orchestre au lycée de Manengouba, qui s’appelait à l’époque collège moderne de Nkongsamba : « J’ai été nommé chef d’orchestre à 15 ans. Ce n’était pas terrible, on chantait à tue-tête, mais on apprenait quand même le solfège. » Il promet de montrer son cahier de solfège de 5e. Il l’a gardé toutes ces années ! Au Cameroun, Charles Lembe revient à la fin des années 70, où il va mener une vie associative très active. S’investir totalement dans la mise en place du droit d’auteur.

Participant ainsi à la création de la Socada en 79 grâce au disque d’or de Manu Dibango, « Soul Makossa ». Le premier ministre d’alors, Paul Biya, en charge du dossier, va le boucler en un mois pour la Cisac et la Sacem. M. Lembe sera aussi un des acteurs de la naissance de la Socinada en 90. Entretemps dans les années 80, il est élu président de la Fédération des Artistes Camerounais, ensuite président du Conseil National des Musiciens. Dans les années 90, membre du Conseil Interministériel de la FENAC, membre de la Commission Culturelle au Mondial de Football, etc.